( AFP / GABRIEL BOUYS )
L'enseigne de bazars GiFi, placée mardi en redressement judiciaire, aborde un moment "décisif" pour son avenir et celui de ses 6.000 salariés à l'approche des fêtes de fin d'année, période clé pour ses ventes, ont prévenu mercredi des syndicats, s'inquiétant du contexte commercial déprimé.
Le tribunal de commerce de Toulouse, qui a ordonné une période d'observation de six mois, a donné rendez-vous au groupe basé à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) le 8 janvier pour une nouvelle audience visant à "déterminer si l'entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d'activité".
À l'issue d'une réunion extraordinaire du CSE (Comité social et économique) mercredi, les représentants des salariés ont évoqué un "avenir qui semble sombre".
"Cette réunion est un peu pessimiste", a déclaré Franck Virlogeux, délégué FO, à un correspondant de l'AFP. "Le défi va être assez dur à relever. On a deux mois pour faire le gros du chiffre d'affaires."
"Le commerce va très mal", a ajouté le syndicaliste, citant l'envolée du prix des carburants. "Les grandes enseignes, les week-ends, ne tournent pas. Ça va être assez difficile."
Les problèmes de GiFi, fondé par Philippe Ginestet en 1981, ont commencé avec un changement de système informatique raté en 2023, auquel s'est ajoutée la concurrence d'autres magasins (Action, Maxibazar) ou de plateformes internet comme Temu.
En 2025, l'enseigne aux quelque 500 magasins avait envisagé de réduire de 5% ses effectifs, avant d'interrompre ce plan social. Le nouveau président du directoire de GiFi, Patrick Puy, a dit le 23 octobre vouloir "protéger un maximum de salariés".
L'entreprise a souligné aussi, mardi, l'importance des Fêtes, "moment le plus important de son année commerciale".
En 2024 et 2025, "on nous a dit: tout se joue à Noël (...) Donc Noël 2026, c'est encore décisif", résume de son côté Pierre Laffore, représentant CFDT.
"L'avenir semble sombre mais l'avenir est encore incertain. Il faut garder un espoir sur le Villeneuvois, il faut garder un espoir sur la marque GiFi", a-t-il ajouté.
Selon lui, les syndicats ont reçu des assurances sur le paiement imminent des salaires d'octobre. Une demande de prise en charge a été adressée à l'AGS, organisme garantissant le paiement des salaires, faute de trésorerie.
"Je veux croire dans la capacité de l'entreprise à rebondir. GiFi dispose d'une histoire, d'une marque connue et d'un savoir-faire commercial", a réagi mercredi dans un communiqué Guillaume Lepers, maire de Villeneuve-sur-Lot où GiFi emploie environ 600 personnes.
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